17 – La forêt, un univers pour grandir


Chez les louveteaux et les jeannettes, on grandit et on se construit grâce au jeu et à l’imaginaire. Pourquoi cette référence à la forêt ?
Un monde mystérieux, des chemins à découvrir, des animaux qui parlent, des défis à relever : les ingrédients sont là pour faire rêver les enfants.

La forêt pour rêver, agir et grandir
La forêt, les enfants connaissent : ils sont déjà allés s’y promener pour une grande majorité d’entre eux. Cette forêt-là, elle ne leur fait pas trop peur. Cache-cache, vélo, balade, cabanes, c’est un terrain de jeux formidable, un univers relativement familier. On peut croiser un écureuil, écouter le chant d’un oiseau : il y a de la vie dans une forêt !
Mais tout familier qu’il soit, cet univers reste un peu inquiétant quand même. Son étendue est immense, il y a des animaux sauvages, des chasseurs… et c’est là le lieu de prédilection des parents sans scrupule pour abandonner les enfants …c’est écrit dans les contes !
Si la forêt fait peur, elle est aussi le lieu où nombre de héros se sont illustrés. Ce qui veut dire que cet univers peut être apprivoisé, et que grâce à cela on devient plus fort.
C’est pour cela que louveteaux et jeannettes évoluent avec leur peuplade dans une forêt : un espace pour rêver, agir et grandir.


Rêver parce que dans la forêt, celle des contes en tout cas, ça n’étonne personne de voir apparaître fées et magiciens, d’entendre parler les animaux ou d’être doté de pouvoirs magiques.
Agir parce qu’il y a mille et un jeux à inventer dans la forêt, des défis à relever, des missions à accomplir… pour faire reculer l’obscur, l’inconnu, l’inquiétant.
Grandir parce que chaque nouveau chemin défriché dans la forêt, chaque nouvelle graine semée, c’est autant de compétences acquises, de liens tissés et d’autonomie gagnée.


La Légende du Grand Arbre
Dans le conte de la peuplade, la forêt des louveteaux et jeannettes est en mauvaise santé, les racines et les ronces ont tout envahi, il faut se frayer un chemin à travers les épines et les arbres morts. C’est une forêt qui fait peur, où il fait sombre, presque noir, où il est difficile d’avancer. Certaines parties de la forêt ont même été brûlées. Symboliquement, louveteaux et jeannettes pénètrent dans une forêt de mort : celle qui correspond à la représentation traditionnelle des contes de fées. Dans cette forêt, tout dépérit car il n’y a pas d’espace pour laisser éclore la vie, plus de chemins pour circuler et tisser des liens. L’envie d’abandonner n’est pas loin.


Pour les moussaillons, la forêt peut prendre la forme d’une mangrove, cette forêt aquatique maritime qui se développe dans les régions tropicales. On s’y déplace en barque ou sur terre à marée basse, elle allie des écosystèmes marin et terrestre avec une biodiversité étonnante.


La figure protectrice du Grand Arbre
Au coeur de la forêt, trône un arbre majestueux et imposant : le Grand Arbre. Caché entre ses racines, un passage, véritable accès au monde imaginaire. Les louveteaux et les jeannettes reçoivent son insigne lorsqu’ils arrivent à la peuplade en signe de bienvenue.
Dans le conte, protecteur et paternel, il va permettre aux enfants de trouver réconfort et soutien. Regonflés, ils pourront partir accomplir leur mission tout en sachant qu’une présence sécurisante sera là pour eux dès qu’ils en auront besoin. Mais le Grand Arbre ne peut pas faire à la place des enfants. Ils doivent donc gagner en autonomie, apprendre à vivre ensemble et à s’organiser pour mener leur mission à bien.


La peuplade prend le relais
Entre l’histoire racontée par le conte et les activités vécues par la peuplade, il y a un lien. À la suite des enfants imaginaires du conte, les enfants réels des peuplades sont invités à poursuivre l’oeuvre commencée en semant de nouvelles graines dans la forêt. Les graines, qui appartiennent aux sylphes, sont acquises au cours d’activités et de jeux dans lesquels les enfants ont appris, joué, relevé un défi.
De nouveaux chemins sont ouverts et donc de nouveaux liens sont crées. Les enfants évoluent dans leurs comportements et deviennent plus débrouillards, dynamiques, respectueux des autres et d’eux-mêmes, vrais, curieux de Dieu et solidaires. Ils acquièrent des atouts, donnés par les sylphes.


Comment choisir le Grand Arbre pour ma peuplade ?
À chaque peuplade son Grand Arbre ! Votre peuplade est dans les Landes ? Votre Grand Arbre sera probablement un pin des Landes grand et fort.
Votre peuplade vit en pleine ville et un marronnier trône sur la place du local ? Le Grand Arbre sera alors ce marronnier qui chaque hiver donnera des graines aux enfants.
Vous n’avez pas d’arbre autour de vous ? Fabriquez-le, il n’en sera que plus mystérieux.


Le Grand Arbre a-t-il une place dans l’imaginaire ?
Le Grand Arbre fait partie intégrante de l’imaginaire dans lequel les enfants évoluent. En effet, au milieu de son tronc, caché entre ses racines, se trouve une porte étrange : le passage. En passant par cette porte, les enfants accèdent à l’imaginaire de leur escapade. D’autre part, c’est sur le Grand Arbre qu’est gravé le secret des veilleurs.


Idée +
« Choix du Grand Arbre » Proposez cette activité chaque année avec votre nouvelle peuplade. Elle sera l’occasion d’une séance d’observation et de créativité intéressante. Et une manière de fédérer le groupe autour de « son » Grand Arbre.


La légende du Grand Arbre
Résumé du conte écrit par Brigitte Beaumont

I. Une forêt a été donnée en héritage à une peuplade d’enfants âgés entre 8 et 11 ans accompagnés de deux « forestiers » Flore et Lubin. Cette forêt est plutôt hostile, mais au milieu se cache un Grand Arbre qui pourra protéger la peuplade. Il pleut. Le Grand Arbre, à la demande de Flore, ouvre un passage pour abriter le groupe.


II. Après une nuit passée au creux du Grand Arbre, les enfants cherchent de quoi se nourrir. Le Grand Arbre leur a fait pousser des fruits. Il leur dit qu’ils vont devoir s’équiper pour traverser la forêt. Six des enfants de la forêt, les Sylphes, pourraient les y aider avec chacun leurs qualités, mais comme la forêt est malade, les chemins pour aller les retrouver n’existent plus. Les enfants rejoignent difficilement Théla qui sait se dépêtrer de tous les problèmes. Elle va les aider. Grâce à la peuplade, un chemin existe à nouveau dans la forêt.


III. Le Grand Arbre demande aux enfants qui ont appris à tracer des chemins dans la forêt d’aller rencontrer un autre Sylphe : Yzô, qui les initiera au savoir des clairières. Le chant d’Yzô les mène jusqu’à lui. Il explique que dès qu’une clairière existe dans la forêt, les forces de l’ombre reculent. Mais Yzô explique également qu’il y a des règles à respecter pour que la lumière revienne. Ce combat est difficile, mais il apporte également de la joie grâce à la lumière qui reprend ses droits.


IV. Pendant que Flore et Lubin partent en éclaireurs à la recherche de Blogane dans un terrain difficile, trois des plus âgés prennent un rôle de veilleur en dégageant une clairière près du Grand Arbre pour permettre aux animaux de revenir dans la forêt.


V. Blogane représente ce que les Ronces de l’Ombre détestent le plus : le savoir vivre ensemble, l’art du partage, mais elle est mourante. Elle a besoin de l’aide de ses frères et soeurs. Flore et Lubin lui redonnent courage et partent chercher de l’aide. Le Grand Arbre conseille à la peuplade d’aller se fortifier en l’art de s’aimer les uns les autres avec les fruits de Kawane, un autre sylphe. Et Maÿls pourrait les aider à réfléchir à comment redonner espoir à Blogane. Grâce aux enfants, une belle clairière permet de voir à présent toute l’importance du Grand Arbre dans la forêt, liant le ciel et la terre.


VI. La peuplade se remet en route, ouvrant de nouveaux chemins dans la forêt qui revit peu à peu. Ils arrivent jusqu’à Maÿls et Kawane. Kawane insiste sur l’importance de conserver les graines des fruits de la forêt, ce qu’ont pris en charge quelques veilleurs du groupe. Kawane leur parle de générosité, et Maÿls, dont les fruits ont le goût de Dieu, leur enseigne l’art de réfléchir. Ensemble, ils réfléchissent à l’aide qu’ils pourraient apporter à Blogane. L’idée germe de lui porter des graines de tous les Sylphes rencontrés pour former autour d’elle un jardin d’enfants.


VII. Un chemin est dégagé vers Laline qui aimerait pouvoir aider Blogane. Les fruits de Laline ont le goût de la joie et de l’envie de vivre, ils donnent beaucoup d’énergie. Les enfants décident donc d’emmener Laline avec eux pour aider Blogane. Le transport est délicat, mais c’est une réussite.


VIII. Laline et la peuplade arrivent auprès de Blogane. Ils lui apportent de l’eau et plantent autour d’elle les graines des fruits récoltés dans leurs voyages à travers la forêt. Blogane reprend des forces petit à petit et Laline décide de s’installer près de sa soeur en attendant que la clairière soit envahie de nouveaux enfants de la forêt. La peuplade se retrouve auprès du Grand Arbre pour construire des cabanes. Une grande fête est organisée pour les inaugurer. Le Grand Arbre, de ses deux voix de Sylphe masculin et féminin remercie la peuplade d’avoir apporté l’espérance dans la forêt.


IX. La forêt a changé depuis, les enfants aussi. Les Sylphes, ayant tellement apprécié leur rencontre avec les humains, ont appris à se déplacer. Ainsi, Kawane, Blogane, Maÿls, Théla, Laline et Yzô peuvent aujourd’hui nous aider à guider nos pas !


  • Les Scouts et Guides de France

    Les Scouts et Guides de France sont un mouvement de jeunesse et d'éducation populaire catholique. L'association est ouverte à tous, sans distinction de nationalité, de culture, d'origine sociale ou de croyance.
  • SGDF